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Un officier en renfort aux Antilles

Dans la nuit du 5 au 6 septembre, l’ouragan Irma dévaste les îles de Saint-Barthélemy et Saint-Martin. 9 jours plus tard, le Commandant Thomas Flamant part en renfort pendant 3 semaines au Centre Opérationnel Zonal (COZ) des Antilles.

Suite au passage de l’ouragan, la Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises (DGSCGC), par l’intermédiaire du Centre Opérationnel de Gestion Interministérielle des Crises (COGIC), fait appel aux SDIS pour constituer une Mission d’Appui de Sécurité Civile (MASC). Ayant candidaté préalablement, le Commandant Thomas Flamant, chef du CTA-CODIS, part le 15 septembre avec 2 officiers du SDIS de la Meuse et de la DGSCGC. Ils seront rejoints quelques jours plus tard par 3 autres collègues de la Somme, du Val d’Oise et du Calvados.

Après 8h30 de vol en direction de la Martinique et un décalage horaire de 6h en moins, il est accueilli à Fort-de-France, au COZ Antilles par le Lieutenant-Colonel Gérard Ré, chef de l’état-major interministériel de la zone de défense et de sécurité des Antilles (EMIZA). Ce centre a pour mission d’assurer la coordination des moyens de sécurité civile et le suivi des missions sur la zone de défense, qui s’étend sur les îles de la Martinique, de la Guadeloupe, de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy. L’arrivée de cette MASC permet de relever un premier détachement, sur le pont depuis le 8 septembre. « Quand Irma est passé, et avant que le premier détachement n'arrive, le personnel affecté au COZ a réalisé un travail très important pour permettre la projection des renforts nationaux et leur lourd matériel sur les îles sinistrées. Le but était de lancer sans délai les opérations de soutien aux populations et de reconstruction. Il était également nécessaire de faire acheminer de l’eau et des vivres en grande quantité à destination d’une population particulièrement sinistrée et dont les réseaux de distribution d’eau et d’alimentation étaient détruits. Alors que la mise en oeuvre des actions se déroulaient, José, un nouvel ouragan, pointait son nez. Par chance, celui-ci est passé au large de l’Arc antillais et a eu très peu de conséquences dans l’organisation de la crise. Tout naturellement, nous nous sommes intégrés à un dispositif en place et déjà très éprouvé pour assurer la continuité des actions engagées. »

Trois jours après son arrivée aux Antilles, un nouvel ouragan de catégorie 5, Maria, passe à 50 km au nord des côtes martiniquaises et impacte essentiellement les îles de la Dominique et de la Guadeloupe. Dès le lundi 18 septembre à 10h45 (passage à la vigilance violette spécifique au risque cyclonique), le personnel du COZ est confiné pendant plus de 8 heures dans un bâtiment conçu pour résister à ce genre de situation, alors que des vents à près de 200 km/h et des pluies intenses font rage à l’extérieur, causant des submersions marines dans le centre-ville de Fort-de-France. « Pendant ce temps, le pont logistique entre les îles est interrompu et un intense travail d’anticipation est réalisé en tenant compte des potentiels dégâts et des conséquences de ce nouvel ouragan, notamment le rapatriement de la plateforme logistique installée en Guadeloupe vers la Martinique. Parallèlement, nous participons à des visio-conférences avec les centres opérationnels départementaux, le COGIC et la Cellule Interministérielle de Crise (CIC) où il est décidé la projection de nouveaux renforts nationaux depuis la métropole et de répondre favorablement à la demande d’aide internationale par l’engagement d’un élément de reconnaissance et d’évaluation (ERE) et d’un détachement d’intervention catastrophe aéroporté (DICA) sur l’île de la Dominique entièrement dévastée. »


Le point avec le préfet et le chef d'Etat-major de zone avant le passage de Maria

Lors des deux premières semaines, les principales missions du Commandant Flamant sont la gestion de l’acheminement d’eau potable au profit de Saint-Martin et la synthèse de nombreuses informations transitant par le COZ afin de rédiger les points de situation à destination du COGIC et des autorités. « Jusqu’à mon départ, nous avons tous œuvré pour permettre l’envoi de plus de 1,5 million de litres d’eau en bouteilles vers Saint-Martin, par vecteur aérien et maritime avec l’aide des forces armées aux Antilles et des affaires maritimes. » Au bout de 15 jours, les services publics et privés reprennent doucement leur place. L’activité se calmant un peu, la dernière semaine est principalement consacrée à des tâches de régularisations administratives, afin de justifier toutes les actions d’urgence engagées au plus fort de la crise.


Le Commandant Flamant faisant le point sur le nombre de personnels de sécurité civile engagés aux Antilles

Le 4 octobre, la MASC est relevée de manière allégée par 3 militaires de la Sécurité Civile. Après une journée et demi de passage de consignes, le détachement quitte la Martinique le 6 octobre à 17h45 (heure locale). « C’est une expérience hors du commun. Même si nous n’avons pas vécu le plus dur, c’est exceptionnel de vivre le passage d’un ouragan majeur. Les contraintes géographiques et météorologiques font que l’organisation est beaucoup plus complexe qu’en métropole. Sans un avion ou un bateau, il est impossible de projeter des renforts ou de la logistique. Et bien que nous ayons ces vecteurs, il faut encore pouvoir les utiliser en fonction des conditions météo ou de l’état de la mer. Tous les jours, j’ai appris des choses aussi bien dans le domaine de la gestion de crise que sur les aspects particuliers du transport logistique par voie aérienne et maritime, et aussi sur soi-même. J’ai été confronté à des situations inhabituelles qui démontrent que sans une parfaite coordination entre les différents services de l’état, il est très difficile de pouvoir répondre aux objectifs stratégiques définis par les autorités. Je ne suis pas prêt d'oublier cette expérience très enrichissante tant sur le plan professionnel que personnel et je tiens vivement à remercier les personnels du COZ Antilles et des services associés pour leur accueil. »

 

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